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Laure Casada - Les mots, les lieux, les liens

Airbnb n’a pas tué l’hôtellerie.

  • Laure Casada
  • 29 nov. 2025
  • 3 min de lecture


Un lieu qui continue de respirer, même au milieu d’une architecture devenue uniforme.
Un lieu qui continue de respirer, même au milieu d’une architecture devenue uniforme.

Airbnb et hôtellerie : ce qui s’effondre n’est pas ce que l’on croit


Il a tué l’hôtellerie sans âme.**

Il suffit parfois d’une simple recherche sur Booking pour comprendre ce qui a changé.

Quelques hôtels.

Une multitude d’appartements.

Des maisons entières, des studios, des locations éparpillées dans toute la ville. L’offre hôtelière, autrefois dominante, apparaît désormais comme une petite île au milieu d’un archipel de logements privés.

Beaucoup y voient la preuve que « Airbnb a tué l’hôtellerie ».

Ce n’est pas ce que je vois.

Airbnb n’a pas détruit l’hôtel.

Airbnb a détruit le modèle hôtelier standardisé, celui qui reposait sur quatre piliers fragiles : l’emplacement, la disponibilité, le tarif, et une chambre “correcte”.

Aujourd’hui, tout cela existe ailleurs, en plus grand, plus vaste ou moins cher.

Le voyageur peut dormir n’importe où.

Alors il choisit où il ressent quelque chose.


Airbnb et hôtellerie : ce qui s’effondre n’est pas ce que l’on croit


Avant, un hôtel suffisait parce qu’il était un hôtel.

Un cadre connu, rassurant, pratique.

Puis les appartements se sont multipliés.

Ils ont offert des espaces plus grands, des séjours plus libres, des prix parfois similaires, et surtout : l’impression d’être “chez soi ailleurs”.

Ce n’est pas l’hôtellerie qui s’est effondrée. C’est son évidence.

La chambre standard n’est plus le centre du voyage. Elle est devenue une option parmi d’autres.

Ce qui disparaît n’est jamais ce qui est vivant


Les hôtels qui souffrent le plus ne sont pas ceux qui manquent de budget.

Mais ceux qui manquent de cohérence.


Ceux où :– le discours ne correspond plus au lieu,– l’accueil ne correspond plus à l’intention,– l’expérience ne correspond plus à la promesse.

Airbnb n’a pas tué ces établissements.

Ils se sont écroulés sous leurs propres décalages.

Le visiteur ne le formule pas ainsi.

Il dit juste :“On ira ailleurs. On sera mieux.” Sans parfois comprendre pourquoi.

Mais il ressent la dissonance.

L’hôtellerie ne disparaît pas : elle se transforme


Ce qui renaît aujourd’hui, en revanche, ce sont les lieux qui ont :

– une identité claire,

– une atmosphère précise,

– un accueil sincère,

– une histoire incarnée,

– un lien authentique à ce qu’ils sont.


Les hôtels qui savent dire oui dès le seuil. Ceux qui respirent juste.

Airbnb ne peut pas rivaliser avec cela. Airbnb propose un espace.

Un hôtel propose une présence.

Et cette présence, quand elle est vraie, sensible et cohérente, reste irremplaçable.

Retrouver l’âme du lieu : le véritable enjeu des hôtels

L’avenir de l’hôtellerie ne se jouera pas sur :

– les prix,

– les équipements,

– les mètres carrés.

Il se jouera sur la justesse.


Sur la capacité d’un lieu à :

– aligner son intention avec ce qu’on y vit vraiment,

– offrir une expérience qui respire,

– accueillir avant d’identifier,

– exprimer clairement ce qu’il est.

Ce n’est pas une performance. C’est un réalignement.


Conclusion


Airbnb n’a pas tué l’hôtellerie. Airbnb a forcé l’hôtellerie à redevenir ce qu’elle aurait toujours dû être :un lieu vivant, incarné, cohérent, chaleureux.


Les hôtels qui survivront sont ceux qui ne cherchent plus à ressembler aux autres, mais qui reviennent à leur âme.

Et c’est souvent là que commence la transformation :dans cette décision simple, lucide, essentielle de redevenir exactement ce qu’ils sont.

 
 
 

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